# Que boire au Vietnam pour découvrir les spécialités ?

Le Vietnam fascine autant par sa richesse gastronomique que par l’incroyable diversité de ses boissons traditionnelles. Du nord au sud du pays, chaque région cultive un art de vivre unique où les breuvages occupent une place centrale dans les rituels quotidiens et les moments de convivialité. Contrairement aux habitudes occidentales, les Vietnamiens consomment rarement des boissons pendant les repas, préférant réserver ces plaisirs liquides pour des instants dédiés : une pause café au petit matin, un verre de thé glacé entre amis ou une bière fraîche en fin de journée. Cette culture du breuvage reflète une philosophie héritée de siècles d’influences chinoises et françaises, où chaque gorgée doit non seulement désaltérer, mais aussi contribuer à l’équilibre du corps. Découvrir les boissons vietnamiennes, c’est plonger dans un univers sensoriel fascinant qui marie tradition ancestrale et créativité contemporaine.

Les boissons chaudes traditionnelles vietnamiennes : café et thé d’exception

Le Vietnam s’est imposé comme le deuxième producteur mondial de café, une position qui témoigne de l’importance de cette boisson dans le paysage culturel et économique du pays. Introduit au début du XIXe siècle par les colons français, le café a conquis progressivement les hauts plateaux du Centre, notamment autour de Buôn Ma Thuột, devenue la capitale incontestée du café vietnamien. La variété Robusta domine largement la production locale, offrant des arômes puissants et une teneur en caféine supérieure à l’Arabica. Cette particularité confère au café vietnamien son caractère unique : corsé, presque sirupeux, avec des notes de chocolat et de caramel qui persistent longuement en bouche. Le rituel de préparation joue un rôle essentiel dans l’expérience gustative, transformant chaque tasse en un moment de méditation.

Le cà phê sữa đá : café glacé au lait concentré sucré et ses variantes régionales

Dans les rues bouillonnantes de Saïgon comme dans les ruelles paisibles de Hanoï, le cà phê sữa đá règne en maître absolu. Cette préparation emblématique associe un café noir intense à du lait concentré sucré, le tout servi sur un lit de glace pilée. Le contraste entre l’amertume du café et la douceur crémeuse du lait crée une harmonie parfaite, particulièrement appréciée sous le climat tropical. La méthode de préparation traditionnelle utilise le filtre métallique vietnamien, appelé « phin », qui permet une extraction lente goutte à goutte. Ce processus patient libère progressivement les arômes complexes du café, offrant une concentration remarquable. Selon les régions, vous découvrirez des variations intéressantes : dans le Nord, on privilégie un café plus léger avec moins de lait, tandis que le Sud préfère des préparations plus généreuses et sucrées.

Le cà phê trứng de hanoï : café onctueux à la mousse de jaune d’œuf

Né dans les années 1940 au célèbre Café Giang de Hanoï, le cà phê trứng représente une innovation culinaire audacieuse. Cette préparation surprenante marie un café robusta corsé à une mousse légère et onctueuse composée de jaunes d’œufs battus avec du lait concentré. Le résultat évoque une crème brûlée liquide, un dessert-boisson qui séduit instantanément les palais les plus exigeants. La texture velout

euse recouvre complètement la surface du café, que l’on déguste à la petite cuillère avant de laisser apparaître le liquide sombre en dessous. Si vous êtes de passage à Hanoï en hiver, installez-vous dans un petit café du Vieux Quartier, commandez un cà phê trứng nóng (version chaude) et observez le ballet des scooters : c’est l’une des expériences les plus typiquement vietnamiennes à vivre. Pour une version plus légère, certains établissements proposent désormais le café aux œufs glacé, servi sur glace pilée, idéal aux beaux jours. N’hésitez pas à préciser ít ngọt (peu sucré) si vous craignez une boisson trop riche, car le mélange œuf-lait concentré sucré peut surprendre les palais peu habitués.

Le trà sen : thé vert parfumé aux pistils de lotus du lac tây hồ

Si le café est roi dans les grandes villes, le thé reste la boisson de l’intimité familiale et des moments de recueillement. Parmi les thés vietnamiens les plus nobles, le trà sen, ou thé au lotus, occupe une place à part. Il est traditionnellement élaboré avec des feuilles de thé vert de qualité, délicatement imprégnées du parfum des fleurs de lotus récoltées sur le lac Tây Hồ, à Hanoï. Le procédé est long et minutieux : on insère les pistils odorants au cœur des feuilles avant de les laisser reposer plusieurs nuits, afin que les arômes floraux se diffusent en profondeur.

Ce thé au lotus, longtemps réservé à la cour royale et aux grandes occasions, se déguste aujourd’hui dans des salons de thé spécialisés ou chez l’habitant lors de cérémonies importantes. En bouche, on découvre une infusion d’une grande finesse, peu astringente, avec des notes florales délicates et persistantes. Pour profiter pleinement de ses arômes, il est conseillé de l’infuser à une température modérée, autour de 75–80 °C, et de ne pas dépasser deux ou trois minutes d’infusion. Si vous souhaitez ramener un souvenir à la fois raffiné et typiquement vietnamien, un coffret de trà sen artisanal constitue un choix idéal.

Le trà atiso : infusion d’artichaut de đà lạt aux vertus digestives

À plus de 1 500 mètres d’altitude, la ville de Đà Lạt bénéficie d’un climat tempéré qui en fait le jardin potager du Vietnam. Parmi ses spécialités, l’artichaut occupe une place de choix, notamment sous forme d’infusion appelée trà atiso. Cette boisson se prépare à partir des fleurs ou des tiges d’artichaut séchées, que l’on fait infuser dans de l’eau chaude pour obtenir une tisane ambrée, légèrement amère, réputée pour ses effets bénéfiques sur le foie et la digestion.

Au quotidien, les Vietnamiens consomment le trà atiso chaud après les repas copieux, ou glacé pendant les journées chaudes. On le trouve facilement dans les marchés de Đà Lạt sous forme de sachets ou de morceaux de plante séchée vendus en vrac. Si son goût peut rappeler celui de certaines tisanes européennes, il possède une personnalité propre, avec des notes végétales marquées et une finale douce. Vous pouvez le sucrer légèrement au miel ou le combiner avec quelques tranches de citron pour l’adoucir. C’est une excellente alternative si vous cherchez une boisson vietnamienne sans caféine.

Le chè thai : thé au lait rouge sucré des minorités ethniques du nord

Moins connu des voyageurs mais très apprécié dans les régions montagneuses, le chè Thai est un thé au lait coloré, inspiré à la fois des traditions locales et de certaines influences régionales. Malgré son nom, il ne s’agit pas du dessert thaïlandais chè Thái, mais bien d’une boisson chaude (ou parfois glacée) à base de thé noir fortement infusé, mélangé à du lait concentré et parfois à un colorant naturel qui lui donne une teinte rouge-orangée distinctive. On le trouve surtout chez certaines minorités ethniques du Nord, où il accompagne les longues soirées d’hiver.

Servi dans de grands verres ou des bols émaillés, le chè Thai est riche, sucré et réconfortant, comparable à un chocolat chaud asiatique où le cacao serait remplacé par un thé robuste. Les familles le préparent souvent lors des réunions ou des fêtes, pour se réchauffer autour du feu. Pour le voyageur, goûter cette boisson est une façon simple de partager un moment de convivialité avec les habitants des montagnes, tout en découvrant une facette méconnue des boissons vietnamiennes.

Les jus de fruits frais et smoothies tropicaux typiques du vietnam

Au-delà des cafés et thés d’exception, le Vietnam est un véritable paradis pour les amateurs de jus de fruits frais et de smoothies. Grâce à un climat favorable et à une grande diversité de terroirs, le pays produit une profusion de fruits tropicaux : mangues, fruits du dragon, anones, jacquiers, papayes, ou encore durians. Dans presque chaque rue, des échoppes proposent des sinh tố (smoothies) et des nước ép (jus pressés), préparés à la demande. Vous vous demandez quelles boissons commander pour profiter au mieux de cette abondance tropicale ? Voici quelques incontournables.

Le sinh tố bơ : smoothie onctueux à l’avocat et lait concentré

Le sinh tố bơ est l’un des smoothies les plus emblématiques du Vietnam. Il marie la chair d’avocat bien mûr, du lait concentré sucré et de la glace pilée pour créer une boisson d’une onctuosité remarquable. Contrairement à l’usage occidental où l’avocat est souvent consommé salé, les Vietnamiens le considèrent comme un fruit à part entière, idéal pour les préparations sucrées. Le résultat rappelle presque une crème glacée à boire, idéale pour le goûter ou en dessert liquide après un repas épicé.

Vous trouverez le sinh tố bơ dans la plupart des stands de rue et des cafés, en particulier dans les régions productrices d’avocats comme les Hauts Plateaux du Centre. Pour alléger la boisson, vous pouvez demander moins de lait concentré, voire du yaourt à la place (bơ sữa chua) pour apporter une pointe d’acidité rafraîchissante. C’est aussi une excellente option pour faire le plein d’énergie avant une longue journée de visite, grâce à la richesse nutritionnelle de l’avocat (bons lipides, fibres, vitamines).

Le nước mía : jus de canne à sucre pressé à froid dans les rues de saïgon

Impossible de traverser une grande ville vietnamienne sans remarquer les stands de nước mía, reconnaissables à leurs longues tiges de canne à sucre et à leurs presses métalliques. Le nước mía est un jus de canne à sucre pressé à froid, souvent agrémenté de kumquat ou de citron vert pour équilibrer sa douceur naturelle. Servi avec beaucoup de glace, il constitue l’une des boissons les plus désaltérantes pour affronter la chaleur tropicale.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce jus n’est pas écœurant lorsqu’il est bien préparé : la légère acidité des agrumes vient casser le côté sucré et lui confère une fraîcheur étonnante. À Saïgon, vous verrez souvent les habitants s’arrêter quelques minutes pour emporter un gobelet de nước mía avant de reprendre leur scooter. Le prix reste très abordable, généralement entre 10 000 et 20 000 VND le verre, ce qui en fait une solution idéale pour s’hydrater souvent sans se ruiner.

Le sinh tố sapoche : nectar de sapotille du delta du mékong

Parmi les fruits moins connus des voyageurs, la sapotille (hồng xiêm ou sapoche en vietnamien) mérite une attention particulière. Ce fruit brun à la chair fondante, originaire des régions tropicales, révèle des saveurs de caramel, de miel et de poire mûre. Transformé en smoothie, il donne naissance au sinh tố sapoche, un nectar dense et parfumé, très apprécié dans le delta du Mékong où le fruit est abondant.

Le sinh tố sapoche se prépare classiquement avec de la glace pilée et du lait concentré, mais certains vendeurs y ajoutent un peu de café pour renforcer ses notes torréfiées. Si vous aimez les desserts gourmands, cette boisson vietnamienne pourrait bien devenir votre favorite. On la trouve surtout dans le Sud, dans les villes comme Cần Thơ ou Mỹ Tho, mais de plus en plus de cafés urbains la proposent dans leurs cartes de boissons exotiques. Pensez simplement à préciser ít đường si vous souhaitez limiter la quantité de sucre ajouté.

Le nước dừa : eau de coco fraîche de la province de bến tre

Symbole absolu des paysages tropicaux, l’eau de coco fraîche, ou nước dừa, est omniprésente au Vietnam. Les cocotiers sont particulièrement nombreux dans le delta du Mékong, et la province de Bến Tre est surnommée le « royaume de la noix de coco ». Au lieu d’être servie en bouteille, l’eau de coco est généralement proposée directement dans le fruit, que le vendeur ouvre d’un coup de machette avant d’y planter une paille. Rien de plus naturel.

Riche en électrolytes et très peu calorique, cette boisson constitue une alternative saine aux sodas industriels. Les petites noix, encore jeunes, offrent une eau plus douce et plus parfumée, tandis que les plus grosses contiennent davantage de chair, idéale à déguster à la cuillère après avoir fini de boire. Sur les plages de Nha Trang ou de Phú Quốc, un coco frais reste l’un des plaisirs les plus simples et les plus agréables que vous puissiez vous offrir, tout en profitant d’un panorama de carte postale.

Les boissons alcoolisées artisanales et spiritueux vietnamiens

Lorsqu’arrive la soirée ou que l’on célèbre un événement important, les boissons vietnamiennes prennent une autre dimension avec les alcools traditionnels. Du simple repas entre amis aux grandes fêtes communautaires, l’alcool joue un rôle social fort : on trinque, on partage, et l’on scelle les liens autour de quelques verres. Si la bière industrielle a le vent en poupe, les spiritueux artisanaux issus du riz, du maïs ou des fruits restent très présents, surtout dans les campagnes et les régions montagneuses.

Le rượu nếp cái hoa vàng : alcool de riz gluant traditionnel du Nord-Vietnam

Le rượu nếp cái hoa vàng est l’un des alcools de riz gluant les plus réputés du Nord-Vietnam. Il tire son nom d’une variété de riz gluant aromatique aux grains jaune-or, cultivée dans certaines provinces comme Hải Dương ou Bắc Ninh. Ce riz est cuit à la vapeur, puis ensemencé de levures traditionnelles élaborées à partir de plantes locales avant d’être laissé à fermenter. On obtient ainsi un alcool titrant généralement entre 25 et 35°, à la fois doux, parfumé et relativement facile à boire.

On sert souvent le rượu nếp cái hoa vàng dans de petits verres lors des mariages, fêtes de village ou cérémonies liées au culte des ancêtres. Son parfum de riz cuit et de fleurs séchées en fait un spiritueux unique, assez éloigné des alcools occidentaux. Si vous êtes invité chez l’habitant dans le Nord, il y a de fortes chances que l’on vous propose un petit verre pour porter un toast à la santé de la famille. Pensez à boire lentement et à décliner poliment lorsque vous avez atteint votre limite : les Vietnamiens respectent ceux qui connaissent leurs capacités.

Le rượu đế : eau-de-vie de riz distillée des hauts plateaux

Plus robuste encore, le rượu đế désigne une eau-de-vie de riz distillée, présente dans de nombreuses régions rurales. Son degré d’alcool peut dépasser 40°, voire 50° selon les méthodes de fabrication. Historiquement, le terme « rượu đế » fait référence aux alcools produits clandestinement pendant la période coloniale, lorsque la production était fortement taxée. Cachés dans les champs de roseaux (cỏ đế), ces alambics improvisés ont donné leur nom à cette boisson.

Aujourd’hui, le rượu đế se consomme encore dans les villages et lors des grandes réunions familiales. Sa saveur est franche, parfois légèrement fumée ou herbacée, reflet des matières premières et des levures utilisées. Dans les Hauts Plateaux ou les régions montagneuses, il n’est pas rare de le voir infusé avec des plantes médicinales ou des racines, ce qui en renforce le caractère. Si vous souhaitez le goûter, privilégiez un cadre sûr, chez un producteur reconnu ou dans un restaurant sérieux, afin d’éviter les produits de mauvaise qualité.

Le rượu sim : liqueur de myrte fermentée de phú quốc

Sur l’île de Phú Quốc, la star des spiritueux locaux s’appelle rượu sim. Il s’agit d’une liqueur obtenue à partir des fruits du myrte sauvage (sim rừng), que l’on fait fermenter avec du sucre et parfois un peu d’alcool de riz. Les baies, de couleur pourpre, donnent à la boisson une teinte violette profonde et un bouquet aromatique mêlant fruits rouges, épices douces et notes florales. Le degré d’alcool reste modéré, autour de 12 à 20°, ce qui la rapproche davantage d’un vin liquoreux que d’une eau-de-vie.

Le rượu sim s’achète facilement dans les boutiques de souvenirs de Phú Quốc, souvent présenté dans de jolies bouteilles décorées. Il se déguste frais en apéritif ou en digestif, et accompagne très bien les desserts à base de fruits. Si vous cherchez un alcool vietnamien original à rapporter, cette liqueur de myrte constitue une excellente option, à condition de vérifier l’étiquette et de privilégier les producteurs artisanaux plutôt que les imitations industrielles.

La bière bia hơi : bière pression artisanale servie dans les quartiers anciens

Aucun guide des boissons vietnamiennes ne serait complet sans mentionner la bia hơi, la fameuse bière pression artisanale. Brassée quotidiennement et livrée en fûts dans les cafés de quartier, cette bière blonde légère (environ 3 % d’alcool) se consomme ultra-fraîche, généralement le jour même de sa production. Dans les vieux quartiers de Hanoï, les coins de rue comme Tạ Hiện ou Lương Ngọc Quyến se transforment chaque soir en véritables terrasses à ciel ouvert, où les locaux et les voyageurs se côtoient sur de petites chaises en plastique.

La bia hơi est plus qu’une boisson : c’est un rituel social. On commande des pichets entiers, accompagnés de petites assiettes de cacahuètes, de tofu frit, de palourdes à la citronnelle ou de brochettes. On trinque en scandant “Một, hai, ba, dô !” avant de porter son verre à ses lèvres. Pour quelques dizaines de milliers de dôngs seulement, vous pouvez passer une soirée entière à observer la vie locale et à échanger avec les habitants. C’est l’une des expériences de convivialité les plus authentiques que vous puissiez vivre au Vietnam.

Les desserts liquides sucrés : che et boissons lactées vietnamiennes

Entre la boisson et le dessert, la frontière est parfois mince au Vietnam. C’est particulièrement vrai avec les chè, ces soupes sucrées que l’on déguste à la cuillère, chaudes ou glacées. À mi-chemin entre le pudding et le milkshake, elles constituent une catégorie à part entière dans l’univers des boissons vietnamiennes. À cela s’ajoutent les laits végétaux, comme le lait de soja, très prisés pour leurs vertus nutritionnelles et digestives.

Le chè bắp : soupe sucrée au maïs et lait de coco de can tho

Originaire du delta du Mékong et particulièrement populaire autour de Cần Thơ, le chè bắp est une soupe sucrée à base de maïs tendre, de riz gluant et de lait de coco. Le maïs, coupé en grains, est cuit longuement jusqu’à devenir fondant, tandis que le riz gluant apporte une texture légèrement épaisse, presque crémeuse. Le tout est nappé de lait de coco parfumé et parfois parsemé de graines de sésame grillées.

Le chè bắp se déguste généralement tiède ou à température ambiante, mais certains vendeurs le servent également avec de la glace pilée pour en faire une boisson-dessert rafraîchissante. Sa saveur douce et son parfum de coco en font une excellente initiation à l’univers des chè pour les palais occidentaux. Vous le trouverez sur les marchés de nuit ou dans les petites échoppes de desserts, souvent alignées les unes à côté des autres.

Le sữa đậu nành : lait de soja chaud traditionnel du petit-déjeuner

Le sữa đậu nành, ou lait de soja, est une boisson très répandue au Vietnam, notamment au petit-déjeuner ou en soirée. Préparé à partir de graines de soja trempées, moulues et cuites, puis filtrées, ce lait végétal est souvent légèrement sucré et parfois parfumé aux feuilles de pandanus (lá dứa) qui lui confèrent une subtile note vanillée. Servi chaud dans des bols ou des verres, il accompagne volontiers des brioches vapeur (bánh bao) ou des petits pains locaux.

Dans les grandes villes, vous croiserez fréquemment des vendeurs de sữa đậu nành le soir, installés avec de grandes marmites fumantes au coin des rues. On peut également le déguster froid, avec des glaçons, par temps chaud. Riche en protéines végétales et en minéraux, ce lait de soja constitue une alternative intéressante pour les voyageurs qui ne consomment pas de produits laitiers ou qui souhaitent une boisson vietnamienne plus légère que le café.

Le chè ba màu : dessert glacé tricolore aux haricots et gelée

Visuellement spectaculaire, le chè ba màu (dessert aux « trois couleurs ») se compose de couches superposées de haricots sucrés, de gelée et de lait de coco. Généralement, on trouve au fond du verre une couche de haricots rouges ou de haricots mungo, surmontée d’une gelée verte parfumée au pandanus, puis d’une épaisse couche de lait de coco. Le tout est complété par de la glace pilée et parfois du sirop pour intensifier la douceur.

Ce dessert-boisson se déguste à la cuillère et à la paille, un peu comme un parfait tropical. On le trouve surtout dans le Sud, où la chaleur rend ce type de préparation particulièrement appréciable. Si vous aimez les textures variées et les saveurs exotiques, ne manquez pas de commander un chè ba màu lors de votre passage à Hô Chi Minh-Ville ou dans le delta du Mékong. C’est l’une des façons les plus ludiques de découvrir la créativité de la pâtisserie liquide vietnamienne.

Les boissons médicinales et infusions thérapeutiques vietnamiennes

Dans la culture vietnamienne, boire n’est pas seulement un plaisir : c’est aussi un moyen d’entretenir sa santé au quotidien. Héritée en partie de la médecine traditionnelle chinoise, la pharmacopée locale utilise de nombreuses plantes, racines et fleurs pour composer des infusions destinées à « rafraîchir » le corps, stimuler la digestion ou renforcer les défenses naturelles. Vous verrez souvent ces boissons proposées dans de simples échoppes de rue ou dans des pharmacies traditionnelles.

Le nước sâm : décoction de ginseng tonifiante des pharmacies traditionnelles

Le terme nước sâm désigne un ensemble de tisanes à base de plantes tonifiantes, dont le ginseng ou des racines locales aux effets similaires. Ces boissons, généralement de couleur foncée, mêlent canne à sucre, herbes amères, racines et parfois algues, selon les recettes. Dans le Sud, et particulièrement à Hô Chi Minh-Ville, on en trouve dans de nombreuses échoppes spécialisées, où elles sont vendues au verre ou en bouteille.

Le nước sâm est consommé pour « refroidir » le corps, c’est-à-dire lutter contre les effets de la chaleur interne causée par le climat, l’alimentation ou le stress. Son goût peut surprendre au premier abord, avec une légère amertume équilibrée par une douceur discrète. Si vous cherchez une boisson vietnamienne bonne pour la santé, n’hésitez pas à en essayer un petit verre, de préférence en journée. Commencez par une petite quantité pour voir comment votre corps réagit, surtout si vous n’êtes pas habitué aux plantes médicinales asiatiques.

Le trà gừng mật ong : thé au gingembre et miel de la médecine vietnamienne

Simple à préparer mais très répandu, le trà gừng mật ong est un thé au gingembre frais et au miel consommé partout dans le pays. On râpe ou on tranche finement du gingembre, que l’on fait infuser dans de l’eau chaude avant d’ajouter du miel et parfois un filet de citron. Cette boisson est particulièrement appréciée en cas de coup de froid, de fatigue ou de troubles digestifs légers.

Dans de nombreux cafés ou petits restaurants, vous pouvez commander un trà gừng (thé au gingembre) et demander à y ajouter du miel. Le gingembre, réputé pour ses propriétés réchauffantes, est l’allié idéal des soirées fraîches à Hanoï ou dans les montagnes du Nord. C’est aussi une excellente alternative au café si vous cherchez une boisson chaude stimulante sans caféine, tout en restant fidèle aux habitudes locales.

Le nước mát : boisson rafraîchissante aux herbes médicinales anti-chaleur

À première vue, le nước mát ressemble beaucoup au nước sâm, mais sa vocation est plus spécifiquement de lutter contre la chaleur excessive, d’où son nom qui signifie littéralement « eau fraîche ». Il est préparé à partir d’un mélange d’herbes, de graines et parfois de fruits secs, comme la courge, la barbe de maïs, le longane sec ou encore certaines fleurs séchées. Le résultat est une boisson légèrement sucrée, parfois trouble, servie froide avec de la glace.

Vous trouverez le nước mát surtout dans le Sud, vendu par des marchands ambulants ou dans de petites boutiques spécialisées. Les Vietnamiens en consomment plus volontiers pendant la saison chaude, lorsqu’ils ressentent les premiers signes de fatigue ou de surchauffe corporelle. Pour le voyageur, c’est une façon originale de s’hydrater tout en découvrant la dimension médicinale des boissons vietnamiennes, souvent ignorée dans les guides classiques.

Les boissons festives saisonnières et cérémoniales du vietnam

Certaines boissons au Vietnam ne se consomment pas tous les jours, mais sont étroitement liées aux grandes fêtes ou aux rituels traditionnels. Elles apparaissent sur les tables lors du Nouvel An lunaire, des cérémonies religieuses ou des repas familiaux importants. Les goûter, c’est entrer au cœur du calendrier festif vietnamien et mieux comprendre la symbolique qui entoure l’acte de boire.

Le rượu ngũ vị : vin médicinal aux cinq saveurs du tết nguyên đán

Le rượu ngũ vị, littéralement « vin aux cinq saveurs », est une préparation alcoolisée associée au Tết Nguyên Đán, le Nouvel An lunaire vietnamien. Il est élaboré en faisant macérer dans de l’alcool de riz un mélange de plantes et d’épices représentant les cinq saveurs fondamentales de la médecine asiatique : sucré, salé, acide, amer et piquant. Selon les familles et les régions, les recettes varient, mais l’intention reste la même : créer une boisson censée harmoniser les énergies du corps en début de nouvelle année.

Ce vin médicinal se déguste par petites gorgées, souvent avant ou après le repas du Tết, en signe de renouveau et de souhait de bonne santé. Il est rarement vendu dans le commerce classique et reste plutôt préparé de façon artisanale, parfois transmis de génération en génération. Si vous avez l’occasion de passer le Nouvel An dans une famille vietnamienne, ne soyez pas surpris si l’on vous propose un petit verre de rượu ngũ vị pour porter un toast à la nouvelle année.

Le nước mắm pha : sauce de poisson diluée aux agrumes pour les repas

À strictement parler, le nước mắm pha (sauce de poisson préparée) n’est pas une boisson, mais il occupe une place si centrale sur la table vietnamienne qu’il mérite d’être mentionné. Il s’agit d’un mélange de nước mắm (sauce de poisson pure), d’eau, de sucre, d’ail, de piment et d’agrume (citron vert ou kumquat), servi dans de petits bols pour accompagner une multitude de plats : nems, rouleaux de printemps, grillades, vermicelles de riz, etc.

Cette sauce diluée peut être comparée à un « bouillon d’assaisonnement » que l’on vient ponctuellement porter à la bouche en même temps que les aliments, créant une explosion de saveurs salées, sucrées, acides et piquantes. En voyage, il est intéressant de goûter le nước mắm pha de différentes régions, car les proportions et les ingrédients varient sensiblement entre le Nord, le Centre et le Sud. Même si l’on ne la boit pas telle quelle, cette préparation liquide reste l’un des vecteurs de goût les plus importants de la gastronomie vietnamienne.

Le soda chanh muối : limonade vietnamienne au citron vert et sel

Pour clore ce panorama des boissons vietnamiennes, difficile de ne pas évoquer le soda chanh muối, une limonade typiquement locale à base de citron salé. On utilise pour cela des quartiers de citron vert préalablement conservés dans du sel (parfois pendant plusieurs mois), que l’on écrase au fond d’un verre avant d’ajouter du sucre, des glaçons et de l’eau gazeuse. Le résultat est une boisson intensément rafraîchissante, à la fois salée, sucrée et acidulée, idéale pour raviver les papilles après une journée sous le soleil.

Le soda chanh muối se trouve facilement dans les cafés et restaurants, et constitue une excellente alternative sans alcool à la bière ou aux sodas industriels. Le sel, en association avec le citron, aide à compenser les pertes minérales liées à la transpiration, ce qui explique en partie sa popularité dans les régions chaudes. Si vous n’avez encore jamais goûté de boisson salée, préparez-vous à une expérience gustative surprenante, mais souvent addictive après quelques gorgées.